Commissaire, directrice artistique et artiste, Emmanuelle Luciani construit des mondes hybrides. Son travail de direction artistique explore les frictions entre art et arts décoratifs, culture populaire et culture classique. Sa démarche puise autant dans l’art funéraire que dans le tuning automobile, le football, le romantisme, les préraphaélites ou encore les arts and crafts. Elle ouvre des brèches, jette des ponts entre les catégories, sonde les frictions entre art et arts décoratifs, entre culture populaire et culture classique, et créée des bulles temporelles où passé, présent et futur deviennent des fantasmes visuels, proches de l’art total.
Ses expositions, Cool as a State of Mind (2015), Pre-Capital (2017, avec Nicolas Bourriaud), Les Chemins du Sud (2019), Anima Mundi (2020), Drive to Survive (2022), ainsi que ses performances, Bella’s Inferno (2024), Amleth13 (2025), sont pensées comme des œuvres totales. Elles sont la somme de ses références et l’expression d’une vision curatoriale transversale, qui dépasse les disciplines et les catégories. À la suite de recherches centrées sur les modes de production, les arts and crafts et l’art médiéval, elle concentre sa méthodologie autour des résurgences formelles de l’histoire de l’art, dans la lignée d’Aloïs Riegl, Heinrich Wölfflin et Henri Focillon.
Elle fonde en 2018 Southway Studio, un écosystème de création artistique qu’elle prolonge au sein du Pavillon Southway, ouvert en 2020 à Marseille. Elle y développe un projet entre espace d’exposition et résidence d’artiste, où sont invité·es plasticien·nes, musicien·nes et auteur·ices.
En parallèle de ses activités d’artiste et de directrice artistique, Emmanuelle Luciani a co-dirigé la revue spécialisée CODE South Way. Elle organise aussi des cycles de conférences philosophiques (avec Bernard Stiegler et Marcel Gauchet) et écrit pour des revues. Elle enseigne également l’histoire sociale de l’art à Sciences Po Aix et collabore avec les Beaux-Arts de Paris, les Arts Décoratifs et le MO.CO.
