Exposition présentée du 30.6.2017 au 30.7.2017

Markéta Magidová et Gaëlle Cressent ont été lauréates du programme d’échanges artistiques Strasbourg/Prague en 2016, organisé en partenariat avec l’Institut français de Prague et MeetFactory.

markéta magidová
zero minute warning

Au cours de la Guerre Froide, le gouvernement britannique avait établi le protocole d’alarme Four minutes warning pour avertir la population en cas de tir de missile nucléaire de l’Union soviétique. Pendant cette guerre invisible, aussi longue et dangereuse qu’elle fut, les ennemis étaient connus et localisés.

De nos jours, seize ans après le 11 septembre, les États-Unis et l’Europe se sont habitués à des explosions de bombes de plus en plus fréquentes dans des lieux publics, aux kamikazes, aux conducteurs de véhicules fonçant dans la foule, à un racisme croissant, etc. Cette guerre est disloquée. Le but des terroristes est d’établir le chaos, la haine et la peur; celui des gouvernements occidentaux est de lutter contre le terrorisme islamique – au Moyen-Orient comme en Europe. Pour un citoyen ordinaire, il est impossible de distinguer le réseau de pouvoir derrière cette crise – il est partout et nulle part à la fois – et une explosion inattendue peut être considérée comme l’image symptômatique représentant, à une plus petite échelle, la
situation mondiale toute entière.

Les esprits des témoins fonctionnent d’une manière très étrange: le comportement rationnel se mêle à des émotions très irrationnelles et des instincts inconscients. La scène d’une attaque est inondée de lumières policières rouges et bleues et les gens se déplacent selon un schéma chaotique. L’exposition Zero Minute Warning – composée d’une installation, de photographies, d’un film et d’objets – est une métaphore de nos vies actuelles, de la fragmentation, de la déstabilisation et des émotions négatives, une adresse à
quelqu’un.

Mais qui est-ce ? Et où est-il?
Des innocents meurent dans les deux camps.

 

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Markéta Magidová est née en 1984. Elle vit et travaille à Prague et se définit comme une artiste intermedia, utilisant la vidéo, l’installation, la photographie, la performance et l’écriture.
Explorant le champ des relations humaines – notamment dans la perspective d’équilibres du pouvoir – elle se concentre principalement autour des sujets tels que l’inégalité, l’anomalie, la domination et l’infériorité; les processus résultant du besoin omniprésent d’efficacité, d’objectivité et de stabilité, ainsi que les
préjugés de genres et de races.
Les œuvres de Markéta Magidová révèlent l’asymétrie dans un monde de symétrie, la subjectivité dans un environnement inhumain. L’observation des mouvements mentaux ou physiques des individus en pilotage automatique dans un réseau social, politique ou économique prédéfini, de même que la manière dont l’homme peut se comporter dans des situations inattendues et très stressantes peut être considérée comme l’axe majeur de la démarche artistique de Markéta Magidová.

gaëllle cressent
sillons

Sillons est le second volet des recherches engagées par l’artiste lors de sa résidence à la MeetFactory de Prague en 2016. Cristallisées par l’installation Looking for the East qui a été présentée en janvier 2017 sous la forme d’un micro événement à la Kostka Gallery de Prague, l’artiste nous replongeait dans la culture techno réalisant une mise en scène inspirée des free party.

Musique et art visuels ont toujours tenté, en s’accompagnant ou en se télescopant, de redéfinir les limites de leurs domaines respectifs. C’est en interrogeant ces notions de territoire et d’hétérotopie, que Gaëlle Cressent convoque les sphères du sonore et du visuel au sein de ses installations et sculptures ouvertes.

Cherchant d’abord à faire ressentir l’espace comme un tout, l’exposition Sillons implique aussi bien l’ouïe, la vue et même l’odorat à l’aide d’une installation globale faisant intervenir la vidéo-trace de Looking for the East et de nouvelles pièces créées pour l’Espace International du CEAAC.

Ici, c’est l’idée de boucle et de sample que l’artiste s’approprie. Système de construction musical largement utilisé en musique électronique, l’artiste propose avec Sillons une interprétation possible de ces systèmes dans le champ des arts visuels.

 

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Né en 1982 à Paris, Gaëlle Cressent vit et travaille entre Strasbourg et Nantes.

Diplômée de la HEAR à Strasbourg en 2010, elle y suit l’atelier Matériaux Souples de la section Objet auprès d’Edith Dekyndt et d’Alain Della Negra, De cet apprentissage, elle développe une pratique autour du vêtement notamment, en l’abordant de manière philosophique et conceptuelle comme territoire d’habitation étendue.
Depuis quelques années, elle étend ses recherches aux objets du quotidien et aux situations où le pli, matériel, spatial ou temporel, vient proposer des systèmes de construction et de réflexion.

 

 

Dossier de presse