Exposition présentée du 14.06.2018 au 29.07.2018

Paolo Almario et Laurent Odelain ont été lauréats en 2017 des Résidences Croisées Grand Est, France / Saguenay-Lac-Saint-Jean, Québec 2017, un programme organisé depuis 2004 par l’Agence culturelle / Frac Alsace et Langage Plus, avec la collaboration du Centre Sagamie et du CEAAC.

paolo almario

Paolo Almario oeuvre dans diverses branches des arts numériques. Son travail explore les relations s’établissant entre l’individu et l’espace architectural. Sa pratique se développe autour de la « spatialité de
l’être » : un concept systémique d’identité, composé d’espaces habités par un ou plusieurs individus.
Sa démarche s’appuie sur les technologies numériques, de plus en plus présentes dans nos vies et qui
s’infiltrent dans la trame du réel pour modifier notre manière d’être, agir et penser. Il crée des amalgames
de strates d’unités pixellisées qui visent la rencontre image/machine ou homme/machine en dispositifs,
développant ainsi un discours sur les systèmes et leurs numérisations.
Par des processus de construction ou de dé-construction, les actions des machines qu’il produit évoquent des notions identitaires, spatio-temporelles et/ou socio-politiques.
> Paolo Almario est né en 1988 à Florencia (Colombie), il vit et travaille à Chicoutimi (Québec)
depuis 2011.
paolo.almario.ca

Cette exposition bénéficie du soutien exceptionnel de l’UQAC, où Paolo Almario enseigne les arts numériques
depuis 2014 (Installations hybrides, techniques des arts médiatiques, corps et dispositifs, etc.).

datasets : lumière : strasbourg

L’exposition Datasets : Lumière : Strasbourg consigne les résultats de la recherche-création menée
par Paolo Almario entre octobre et décembre 2017. L’objectif du projet a été de créer plusieurs cartographies
de la ville de Strasbourg. Produites par une machine à dessiner, ces oeuvres sont la représentation
d’une base de données numériques générée lors des parcours urbains réalisés par l’artiste. À l’aide de
dispositifs numériques de très petite taille (Arduino, photorésistances, module GPS) intégrés à son sac à
dos, Paolo Almario a parcouru la ville en prenant des échantillons numériques de la lumière urbaine.
S’inspirant des idées de Le Corbusier, Paolo Almario considère l’architecture comme une quête
de conciliation entre la lumière et l’ombre. Cette dualité, à la portée créative de l’architecte, permet de
moduler l’activité humaine. Avec ce projet, l’artiste a voulu porter un regard sur l’espace architectural, en
ignorant les volumes, afin de repérer les associations de lumière-ombre créés par et dans l’espace urbain.
C’est ainsi que, lors de sa résidence, Paolo Almario est allé vers la « capture » numérique de Strasbourg par
l’ombre et la lumière.

 

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Laurent Odelain

Né dans une campagne agricole et forestière du nord-est de la France, Laurent Odelain reste
profondément marqué par ces paysages vastes et dépeuplés dans lesquels il a grandi, où la société
humaine dessine une emprise discrète sur la nature, mais omniprésente et profonde.
Il questionne le territoire, ses aménagements et ses horizons, mais aussi les mouvements et dérives
qu’ils proposent. Il fabrique avec ceux-ci des actions qui découlent des formes et des corps qui y évoluent,
utilisant la photographie et la vidéo comme outils d’enregistrement. Le texte est souvent présent, afin
d’envisager ou d’indiquer un imaginaire. Ses travaux parlent de l’être au monde, à l’espace et au temps.
Ils tentent d’aller vers une forme d’art engageant où des formes simples et des narrations non-linéaires se
déploient, telles des empreintes bienveillantes.
Laurent Odelain conçoit l’art comme une liberté en lien avec une réflexion métaphysique. Pour lui,
l’activité artistique est davantage liée au fait de se sentir vivant qu’à celui de produire des objets.

> Laurent Odelain est né en 1985 à Chaumont en Haute-Marne. Basé à Strasbourg, il s’en échappe
souvent.
www.laurentodelain.com

émissaire #2

L’émissaire d’un lac est la rivière dans laquelle il s’échappe, c’est aussi un messager, une force ou un
individu chargé de déterminer une direction et de mener à bien une mission.
À Alma, là où le lac donne naissance à la rivière, le ciel est ouvert et très présent. L’air et ses lumières
semblent disponibles. L’eau et ses flux puissants reflètent le ciel. Depuis un siècle, l’exploitation
capitaliste de cet élément vital a engendré des modifications du paysage, sans doute préservé
jusqu’alors dans l’esthétique imaginaire et sauvage des immensités nord-américaines.
Lors de ma résidence à Langage Plus, muni de ma caméra, j’ai construit et enregistré une série de gestes
dans les paysages du lac Saint-Jean et de la rivière Saguenay, son émissaire. Je me suis inspiré des
paradoxes rencontrés sur place, entre le potentiel poétique de ces paysages et leur exploitation
industrielle.
La manipulation et l’assemblage de branches de bois glanées au bord du lac et des rivières m’ont fourni
les ingrédients d’une échappée spatiale imaginaire. Tisser le bois, c’était parcourir la rivière.
L’exposition Émissaire qui a clôturé ma résidence présentait une série de photographies et de séquences
vidéo articulées autour d’une structure en bois de grève. Assemblée dans la salle d’exposition, celle-ci
évoque le véhicule ou l’abri primitif autant que la carcasse osseuse du Léviathan. Des matrices triangulaires,
elles mêmes animées plus tôt dans les vidéos et les photographies, ont insufflé son mouvement à cette
structure.
L’exposition Émissaire #2 présentée au CEAAC en est une variation.