Exposition Centre d'art

TIMESPACE

    Les images-palimpsestes du photographe allemand Andrej Pirrwitz invitent le regard dans un spectre poétique de lieux, de couleurs et d’instants.

    Exposition présentée
    du 8.9.2017 au 22.10.2017

    Vernissage
    Jeudi 7.9.2017 > 18h30

     

    C’est une poétique de l’espace-temps qu’Andrej Pirrwitz révèle depuis plusieurs années à l’aide de la photographie et d’une méthodologie de travail minutieuse et exigeante, possible vestige de son passé de physicien.

    Le repérage des lieux en amont des prises de vue constitue en effet à lui seul une large part de la démarche de l’artiste, s’étendant sur plusieurs pays et parfois plusieurs années. Friches industrielles en Asie, usines désaffectées d’Europe de l’Est ou architectures brutes allemandes comptent parmi les espaces de prédilection d’Andrej Pirrwitz, par les dimensions, les lignes de fuite et l’esthétique brute qu’ils offrent.

    L’artiste fait de chacun de ces lieux son atelier, attachant une importance particulière à la lumière naturelle et aux couleurs présentes, qui composeront ensuite cette riche gamme de gris colorés, caractéristiques de ses «tableaux» photographiques.

    Si l’attention d’Andrej Pirrwitz s’apparente à celle d’un peintre, elle tend également à ressembler au regard d’un metteur en scène. Considérant le médium photographique davantage comme un moyen de composition que de reproduction, l’artiste porte un souci particulier à la fabrique de ses images, intervenant directement dans la scène avant et pendant la captation. Apportés dans ses valises ou prélevés directement sur place, les objets sont disposés, agencés avec soin puis déplacés ou parfois retirés pendant la prise de vue. Perdant leur statut de nature morte, les choses deviennent les indices animés d’une présence humaine éphémère.

    Utilisant exclusivement une chambre Linhoff et la technique de la pose longue, chaque cliché est le résultat d’une exposition de plusieurs secondes à quelques minutes. Captant la scène durant un moment, plus qu’un seul instant décisif, la photographie devient une courte séquence animée, condensée sur une seule et même image. Les traces du passé du lieu se mélangent à celles des actions orchestrées pendant la prise de vue et le déchiffrable laisse la place au subtil.

    Andrej Pirrwitz travaille sans essai et sans retouche, et lorsqu’enfin une image est capturée – il n’y a rarement plus de quinze photographies par an – l’artiste se dit heureux de l’avoir dans la «caisse». L’exposition présentée au CEAAC est un ensemble de photographies extraites de trois des «caisses» du photographe: Chambres noires, Grandes classiques et Bewegte Stillleben.

     

    Dossier de presse