Created with Sketch.

Corin Sworn

Corin Sworn réalise essentiellement des dessins, des photographies et des vidéos. Son travail explore le temps, le passé, l’enfance et les glissements qui s’opèrent entre la réalité et l’imagination autour de ce passé. Elle interroge ainsi les différents modes de discours et leur superposition et reconstruction successive, créant ainsi une oeuvre palimpseste.

Le film The Lens Prism (2010), narre en plusieurs scènes finement ciselées la construction d’un sujet aux seuils de l’histoire personnelle et de l’histoire de la modernité. Alternant cadrages et formes de discours (confidence, conférence, litanie, flux de conscience), citations et références, un personnage quasi beckettien, filmé de loin ou en plans rapprochés, monologue, pérore, dialogue. Autant d’étapes hétérogènes d’un même processus de construction se nourrissant d’expériences intimes remémorées (la visite d’un musée, une sculpture), d’événements historiques fondateurs (la Grande Exposition de Londres de 1851, l’Exposition universelle de Paris de 1900), de références culturelles revécues (La Jetée de Chris Marker, des extraits de Raymond Roussel), d’un sujet que l’acteur transmet. Diachronique, le film joue d’allers et retours. L’acteur semble perdu entre signe et discours, il manipule des cartons colorés qui représentent des modes de classification d’une grande exposition et jette des images qui ne correspondent en rien à l’histoire qu’il raconte.

Autant de vaines tentatives pour donner du sens aux choses, qu’il ne peut que maladroitement inférer à partir d’elles seules. On retrouve cette hésitation entre l’unité de l’acteur et la multiplicité des personnages qu’il incarne dans le film, démontrant les diverses possibilités d’attribution du sens aux choses.

 

Le sous-titrage de l’oeuvre vidéo de Corin Sworn The Lens Prism a été rendu possible par le soutien du Fluxus Fund, fonds franco-britannique pour l’art contemporain.

Exposition(s) en lien :

  Les Séparés