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Traduttore, traditore

© Alexandre Caretti

Alexandre Caretti

Exposition - Project Space

  • Vernissage : 06.05.2026
  • Date de début : 07.05.2026
  • Date de fin : 06.09.2026

Commissaire : Agnès Biro

Lauréat 2025 du programme d’échange Strasbourg <> Francfort, Alexandre Caretti (né en 1996 à Besançon) est diplômé de la Haute école des arts du Rhin (HEAR) de Strasbourg. Il vit et travaille à Lyon.

De janvier à mars 2025, il est en résidence à basis e.V. (Francfort, DE), où il expérimente ce qu’il appelle le “tourisme financier” sans pour autant parvenir à dépasser les portiques des halls de banques. De cette expérience naît Skulpturen für Bankhallen, une exposition mêlant mécanismes automatisés, maquettes et scrapbooks, élaborée à partir de son arpentage de l’architecture et du mobilier des institutions économiques de la ville. En janvier 2026, il poursuit ce travail à Strasbourg à l’occasion d’une résidence de recherche et de production qu’il passe en partie à enquêter à l’intérieur du Parlement européen.

Pour son exposition personnelle au CEAAC, Alexandre Caretti investit les deux étages du Project Space en y déployant deux atmosphères radicalement distinctes : la quiétude de l’attente et le désordre bureaucratique. Ce dédoublement spatial devient le lieu d’une tension à la fois politique et intime entre croyance collective et désillusion personnelle, où se rejoignent les rêves qui fondent nos élans communs aussi bien que les doutes qui les traversent. À travers un ensemble de matériaux prélevés directement depuis les institutions européennes et d’un répertoire formel et visuel qui s’en inspire, il transforme l’architecture du centre d’art en un espace d’attente, de circulation et de négociation. Traduttore, traditore — « traducteur, traître[1] » — renvoie autant au caractère utopique d’une traduction parfaite qu’à la contrainte structurelle qui incombe aux institutions européennes : traduire, interpréter, reformuler sans cesse. Condition sine qua non du dialogue, la traduction en complique aussi l’exercice : elle fluidifie les échanges tout en les ralentissant, elle incarne l’idéal d’une coopération internationale autant qu’elle en révèle les limites. Traduttore, traditore met en lumière les écarts, les glissements, les pertes, les compromis et compromissions qui accompagnent toute tentative de transposition, qu’elle soit linguistique, politique ou artistique. L’exposition devient un langage en soi : un espace pour ressentir plutôt que démontrer, où, sous la lumière crue du réel, persistent malgré tout le désir de croire et la possibilité de rêver.

[1] Ou « traduire, c’est trahir ».

Entrée gratuite,
du mercredi au dimanche, 14h-18h.
Fermé les jours fériés.

Centre d’art

SÉCURITÉ SOCIALE PRÉLUDE La rampe PèreMèRe
Florian Fouché

07.05 – 06.09.2026

Résidence associée :

  Résidence de recherche et création à Francfort