Ana Jotta

    Depuis près de quarante ans, Ana Jotta explore tous les champs artistiques : peinture, sculpture, installation, son, photographie, mais aussi des techniques que l’on associe aux arts dits mineurs (couture, broderie, poterie). Son travail artistique, extrêmement varié, s’affranchit de tout style proprement identifiable, récusant la notion même de signature ou d’auteur. Ana Jotta est une véritable artiste-collectionneuse qui s’approprie en permanence les objets, l’iconographie, les phrases et les titres des autres. Ana Jotta a écrit : « Un amateur devrait dire : la littérature en soi ne m’intéresse pas mais je suis fait de littérature, je ne suis et ne peux être rien d’autre que littérature ».

    Pour chacune de ses expositions, Ana Jotta invente des formes de présentation nouvelles et inattendues, amenant le visiteur à reconnaître qu’il n’y aurait peut-être pas de distinction entre son travail et la façon dont il est présenté. Son œuvre se construit comme une suite de ruptures dynamiques qui incarnent une sorte d’effacement : de ses propres traces, de l’idéologie moderniste et des mythologies postmodernes, mais aussi de la notion d’auteur. Elle essaye, soit en décomposant cette notion, soit en la reconstruisant, de démanteler l’idée d’un style cohérent et univoque.

    Les deux œuvres présentées dans l’exposition, deux écrans de projection peints, jouent d’une ambigüité entre images fixes et images en mouvement dont les titres Un printemps et Le Bonheur des tristes ouvrent des pistes fictionnelles.